Singeries Lunaires

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Je me ballade de sanctuaires en cimetières voir si les dalles suintent toujours des rêves d'hommes et de femmes victimes de l'illusoire. Les rêves font mal car ce ne sont que des rêves, à jamais emprisonnés dans la pierre d'église. On gratte la mousse sur les bouches, juste un peu, lèche les gencives pour retrouver l'éclat d'antan, une résurrection sous nos yeux, et les remords en bulles de souffre s'échappent. Une posture étouffante, une de plus, des babouins à qui on a trop fait le catéchisme gribouillant des sanguines sans relief. Alors on pratique l'acupuncture les yeux bandés pour aérer, détendre le nerf, se laisser pénétrer, que le vrai et le dur rentrent tout entier. Il faut tenir debout coûte que coûte, et ce ne sont pas des aiguilles qui nous sauveront, crois-moi, mais il faut tenir debout dans ces espaces ouverts comme les pores de la peau, où les gens silencieux pressent des balles anti-stress. L'ennui fait son œuvre, ça fuit de partout, nous sommes au cœur d'une douce lassitude, elle ouvre la porte avec la poignée, je veux dire sans forcer avec le pied, morcelle nos êtres en plusieurs modules, comme un besoin d'éclaircissement, de découpage pour atteindre la cible sans se précipiter, une lapidation curative où l'on casse les os pour assouplir, c'est structurel. J'y suis, dénudé, poupée vaudou usée jusqu'à la moelle, à dessiner des codes des images comme on me l'a appris, sans relief. J'y suis, le lâcher prise pour tomber du très haut vers l'infiniment bas. Le fruit est mûr. Sous la peau, plus de chair mais seulement un noyau. Je me contenterai du zeste.

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